
Isoloirs non sécurisés, distribution d’argent liquide… Le vote qui a consacré la victoire d’Abdoulaye Fall après désistement de Mady Touré, a révélé des failles inquiétantes, entre accusations de corruption et dysfonctionnements organisationnels
L’élection du nouveau président de la Fédération sénégalaise de football (FSF), samedi 2 août 2025, a viré au fiasco. Entre accusations de corruption, dysfonctionnements organisationnels et retrait fracassant d’un candidat, le scrutin, qui a consacré après plus de 20 heures de tumulte, pourrait donner lieu à des recours juridiques. Sport News Africa révèle dans un article publié ce lundi 11 août 2025, des éléments troublants sur son déroulement.
Initialement prévue pour le samedi 2 août au Centre international de conférences Abdou Diouf (CICAD) de Diamniadio, l’élection s’est achevée au petit matin du dimanche, sous la surveillance des gendarmes et d’un huissier de justice. Le candidat Mady Touré, président de Génération Foot, a jeté l’éponge avant le second tour, dénonçant une « corruption de la part du camp d’Abdoulaye Fall ». Des propos rejetés par le vainqueur, qui a évoqué des « chantiers énormes », notamment pour « régler le problème des infrastructures ».
Sur place, les observateurs ont été stupéfaits par le chaos. « Je n’ai jamais vu ça », ont confié plusieurs d’entre eux à Sport News Africa. La ministre des Sports, Khady Diène Gaye, avait pourtant appelé en préambule au « respect scrupuleux des dispositions réglementaires ». Mais son départ précipité, tout comme l’absence marquée du directeur général des Sports et du secrétaire général du Comité olympique, Seydina Omar Diagne, ont laissé le champ libre aux désordres.
– Un mode de vote décidé in extremis, regroupant tous les bulletins en un seul, provoquant des heures de retard.
– Des failles de sécurité criantes, avec des délégués photographiant leur vote dans l’isoloir grâce à des téléphones non confisqués.
– Une logistique déplorable**, allant jusqu’à manquer de nourriture pour les participants.
La nuit a été marquée par des rumeurs persistantes de corruption. Selon des témoignages recueillis par Sport News Africa, des rabatteurs auraient guidé des délégués vers un parking du CICAD, où des complices leur remettaient 100 000 FCFA (152 €) en échange de leur vote pour Fall. Un cameraman infiltré par l’équipe de Mady Touré a même récupéré une enveloppe, preuve saisie par l’huissier présent.
Le camp Fall a balayé ces accusations, arguant que le bénéficiaire « n’était pas un délégué officiel ». Outre les irrégularités, des éléments troublants ont émergé :
– Des délégués logés dans un hôtel à Saly, financé par le camp Fall.
– Des messages WhatsApp suggérant des manœuvres douteuses.
Mady Touré, en se retirant, a lancé un appel à l’État : « Le pays ne mérite pas ça. Ce qui s’est passé est indigne. »
Si le gouvernement s’est tenu à distance, des procédures judiciaires pourraient être engagées, remettant en cause la légitimité d’Abdoulaye Fall. Entre Dakar et Zurich (siège de la FIFA), la FSF s’apprête peut-être à vivre une longue crise post-électorale.